Les finalités de l’entreprise dépassent la recherche de profit

Les finalités de l’entreprise désignent les grandes raisons qui justifient son existence et orientent ses décisions. Elles ne se limitent pas à gagner de l’argent. Une entreprise doit aussi produire, satisfaire ses clients, maintenir l’emploi, limiter ses impacts et répondre aux attentes de la société. Cette notion permet de relier la performance économique aux enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux.
La finalité, le cap général de l’entreprise
Une finalité est un but général, durable et relativement abstrait. Elle répond à la question : « Pourquoi l’entreprise existe-t-elle ? » Elle exprime sa raison d’être dans l’économie et dans la société. Une entreprise commerciale cherche généralement à assurer sa pérennité en créant de la valeur, mais toutes les organisations n’ont pas les mêmes priorités. Une coopérative, une entreprise publique ou une association peuvent accorder une place importante au service rendu, à l’emploi ou à l’intérêt collectif.
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Corrections
Ne pas confondre finalité, objectif et stratégie
La finalité donne une direction. L’objectif traduit cette direction en résultat concret, accessible et vérifiable. Par exemple, « préserver l’environnement » relève d’une finalité environnementale. Réduire les déchets de production ou diminuer la consommation d’énergie correspond à un objectif. La stratégie désigne les moyens choisis pour atteindre cet objectif : modifier les procédés de fabrication, sélectionner d’autres fournisseurs ou développer l’économie circulaire.
Cette distinction est essentielle en management. Une finalité ne se mesure pas directement, tandis qu’un objectif peut être quantitatif ou qualitatif. Augmenter le nombre de clients, préserver des emplois, améliorer les conditions de travail ou réduire les émissions liées à une activité rendent une ambition générale plus concrète et plus facile à piloter.
La finalité financière : créer de la valeur pour durer
Dans une économie de marché, l’entreprise doit générer un résultat suffisant pour survivre, investir et faire face aux aléas. La recherche de profit n’est donc pas nécessairement une fin isolée. Elle contribue aussi à la pérennité de l’entreprise. Sans ressources financières, l’organisation ne peut ni renouveler ses équipements, ni financer ses projets, ni préserver durablement son activité.
De la production à la valeur ajoutée
L’entreprise combine des facteurs de production, notamment le facteur travail et le facteur capital, pour produire des biens ou des services. Cette activité crée une valeur ajoutée. Celle-ci sert notamment à rémunérer les salariés, les apporteurs de capitaux et les administrations grâce au paiement des impôts. Après ces prélèvements, le résultat restant peut être distribué aux actionnaires ou conservé dans l’entreprise pour financer de nouveaux projets.
La création de valeur dépend aussi de la capacité de l’entreprise à créer et à conserver une clientèle. Proposer une offre utile, fiable et adaptée permet de réaliser des ventes, mais aussi de construire une relation durable avec les clients. La satisfaction de la clientèle participe donc directement à la performance financière et à la stabilité de l’activité.
Cinq finalités à distinguer dans une même organisation
Les finalités de l’entreprise sont souvent complémentaires. Une même décision peut avoir des effets financiers, sociaux et environnementaux. Le tableau suivant permet de les différencier sans les opposer artificiellement.
| Finalité | Ce qu’elle vise | Exemples concrets |
|---|---|---|
| Financière | Assurer un résultat et financer la pérennité | Investir, conserver une part du résultat, rémunérer le capital |
| Économique | Produire et satisfaire la clientèle | Développer une offre utile, améliorer la qualité, fidéliser les clients |
| Sociale | Créer, maintenir et améliorer l’emploi | Préserver les emplois, former les salariés, améliorer les conditions de travail |
| Environnementale | Réduire l’impact de l’activité sur l’environnement | Limiter les déchets, économiser les ressources, revoir les processus de production |
| Sociétale | Contribuer à l’intérêt collectif et au territoire | Soutenir une fondation, pratiquer le mécénat, agir avec des partenaires locaux |
Ces catégories aident à comprendre les choix de gestion. Une entreprise qui investit dans du matériel moins polluant poursuit une finalité environnementale, mais peut aussi réduire ses coûts à long terme. Une politique de formation répond à une finalité sociale tout en renforçant les compétences nécessaires à la qualité de l’offre. Les finalités peuvent donc se renforcer, même si certaines décisions imposent des arbitrages entre rentabilité, emploi et réduction des impacts.
Les parties prenantes transforment les finalités en arbitrages
Les parties prenantes sont les personnes ou les groupes concernés par l’activité de l’entreprise ou capables de l’influencer. Elles comprennent notamment les dirigeants, les associés, les actionnaires et les salariés, mais aussi les clients, les fournisseurs, les sous-traitants, les pouvoirs publics et les membres de la société civile. Leurs attentes ne sont pas toujours identiques : les actionnaires peuvent attendre un rendement, les salariés des conditions de travail satisfaisantes, les clients une offre de qualité et les riverains une réduction des nuisances.
Un reflet utile pour décider
Les décisions de l’entreprise révèlent ce qu’elle considère réellement comme prioritaire. Une charte environnementale ne suffit pas si les achats, la logistique ou la sous-traitance produisent des effets contraires. Examiner toute la chaîne de valeur permet de repérer les angles morts : conditions de travail chez un fournisseur, emballages inutiles, dépendance à une ressource rare ou risque pour un territoire. Cette démarche aide les dirigeants à passer d’une intention générale à des choix cohérents et observables.
Les finalités résultent donc d’arbitrages. Elles dépendent de facteurs internes, comme les valeurs des dirigeants, l’histoire de l’entreprise, son statut juridique ou ses ressources. Elles sont aussi influencées par des facteurs externes : concurrence, réglementation, évolution des attentes des clients, contraintes géographiques ou enjeux environnementaux. Elles sont ainsi contingentes, c’est-à-dire qu’elles varient selon l’organisation et sa situation.
La RSE relie développement durable et performance globale
La responsabilité sociétale de l’entreprise, ou RSE, correspond à l’intégration volontaire de préoccupations sociales et environnementales dans les activités commerciales et dans les relations avec les parties prenantes. Le livre vert de la Commission européenne publié en 2001 a contribué à diffuser cette approche. La RSE ne remplace pas la finalité financière. Elle élargit la manière de concevoir la performance de l’entreprise.
Des engagements intégrés aux activités
Une démarche RSE peut concerner les conditions de travail, la réduction de l’impact environnemental, les relations avec les sous-traitants ou les règles éthiques appliquées aux achats. Elle peut s’appuyer sur des normes environnementales et sur des normes relatives au travail, comme l’interdiction du travail des enfants. L’investissement socialement responsable prend également en compte des critères sociaux et environnementaux, en plus des critères financiers.
La RSE conduit l’entreprise à rechercher une performance globale : être viable économiquement, respecter les personnes et limiter ses effets négatifs sur l’environnement. Elle peut améliorer l’image de l’organisation et soutenir ses relations avec les clients, les salariés ou les partenaires. Elle demande surtout de rendre cohérents les objectifs, les pratiques et les décisions quotidiennes. La réduction de l’impact environnemental, l’amélioration des conditions de travail et l’économie circulaire peuvent ainsi être intégrées aux activités commerciales.
À retenir pour réviser les finalités de l’entreprise
- La finalité est le but général et durable de l’entreprise ; l’objectif en est la traduction concrète.
- La finalité financière favorise la création de valeur, le financement des projets et la pérennité.
- Les finalités économiques, sociales, environnementales et sociétales complètent la recherche de résultat.
- Les parties prenantes influencent les priorités et créent des arbitrages entre des attentes parfois divergentes.
- La RSE intègre les enjeux sociaux et environnementaux dans la stratégie et les relations de l’entreprise.